Tuesday, October 31, 2006

De retour a Paris, apres quelques mois...

Le travail m'ayant rappele a de dures realites, j'ai du malheureusement ecourte un peu vite le voyage apres un petit detour quand meme par Bogota en Colombie pour revoir la famille d'Alfredo, mon ami colombien marie a Siri la Novegienne!
Je me decide maintenant a reprendre ce blog laisse a l'abandon apres mon passage au Macchu Pichu et quelques mois de recul...
J'ai quelques photos a mettre a jour dans la rubrique Bolivie/Perou et Colombie notamment ou encore mon dernier passage a Bangkok et Shanghai cet ete pour le travail.

6 mois viennent de s'écouler depuis mon retour en France en avril 2006, quel bilan je retire de cette expérience fabuleuse et si riche de voyages autour du monde?

Eh bien, un trésor infini, que je porte au plus profond de moi-même et que rien ni personne ne pourra jamais me retirer. J'en tire une force intérieure au quotidien, le sentiment d'être privilégiée, d'avoir connu tant de bonheur et d'enrichissement au contact de gens si différents, rencontrés durant ce périple. Ce sont toutes ces rencontres, ces aventures qui m'ont fait évoluer, réfléchir, poussé à me remettre en cause, me poser les vraies questions par rapport à ma vie...
C'est aussi dans les moments de solitude que l'on se retrouve face à soi-même et ce sont des moments de vérité importants et rares. On s'affirme, on prend des décisions, fait des choix, on sort forcément grandi de ces situations.

Mais le voyage, l'aventure fabuleuse, ne s'est pas arrêté le 22 avril à mon retour en France. C'est un état d'esprit qu'il faut entretenir, une curiosité permanente sur le monde et les gens, se nourrir de chaque détail et instant du quotidien, voilà la grande leçon de ce voyage.

Aujourd'hui je continue à voyager mais dans mon propre monde, celui de mon enfance, de mes racines. Après plusieurs années passées hors de France, c'est incroyablement riche de revenir à ses racines mais avec un regard différent. En apparence, on est toujours le/la même mais au plus profond on a changé, le voyage nous a profondément marqué, sans que l'entourage le remarque au premier abord.
On se surprend alors à se perdre dans les endroits les plus connus et les plus familiers. On n'est plus sûr de retrouver le petit bistrot du coin de la rue, ou alors les éléments les plus communs nous apparaissent subitement dans la plus profonde étrangeté... Notre regard sur le monde change et le voyage recommence en quelque sorte... Une sorte de voyage intérieur. L'aventure n'est pas si loin.

Et puis, c'est genial de revoir ses proches et ses amis! C'est bon de rentrer de voyage aussi, des occasions de faire la fete!

Retrouvailles avec Vero et ses copains a Bruxelles en mai 2006



Mes 30 ans et l'anniv de Vero a Geneve:



Tuesday, April 11, 2006

Au pays des Incas

A mon arrivee a Cuzco, je dois patienter quelques jours avant de commencer le chemin de l'Inca qui est un trek de 4 jours qui mene au sommet du Macchu Pichu. J'en profite donc pour visiter la ville qui est splendide et regorge de vestiges Incas ainsi que la Vallee Sacree autour de Cuzco.
Cuzco fut jadis la capitale de l'empire Inca qui s'etendait de la Colombie jusqu' a Santiago au Chili.
Dans la Vallee sacree, je decouvre les ruines Incas des villages de Pisac, Ollyantantambo et Chinchero. Je fais la connaissance de trois Allemands et deux freres Peruviens installes aux Etats-Unis mais qui reviennent regulierement en vacances au Perou, et Paulo l'un d'entre eux est un expert du Chemin de l'Inca (qu'il a effectue au moins 10 fois!). Ils me parlent avec passion de leur pays.

Le jour du depart tant attendu pour le Macchu Pichu est arrive. Ce fut une experience interessante sur le plan culturel mais aussi sur d' autres aspects...
Le depart est assez chaotique, il pleut des cordes (c'est normal, la fin de la saison des pluies) et la route est bloquee. Nous devons donc continuer a pied puis en mini bus ou nous sommes litteralement entasses les uns sur les autres. Je fais ensuite la connaissance de mon groupe, compose seulement de quatre personnes:

- Carmen, Canadienne d'environ 30 ans, chauffeur de bus, de forte carrure et d'un humour un peu "special" dirons nous, plutot caustique, qui semble cacher un certain mal etre. Elle a une facheuse habitude de parler toute seule, ce qui surprend un peu au debut...
- Philip, geant de 2 metres, est Irlandais et en parfaite condition physique, toujours en tete sur le chemin... Il a un cote un peu Allemand, probablement son physique.
- Enfin, Heiley est la "Miss Debrouille" de notre groupe. Neo Zelandaise de 36 ans, super active, elle vit au Canada depuis une dizaine d'annees et travaille comme guide pour une societe d'eco tourisme americaine. Donc le camping et la nature, elle maitrise! Courageuse ou inconsciente (?), elle s'apprete a traverser la Bolivie a velo... Une vraie Kiwi!
Conclusion: un groupe super heterogene et reduit, ce qui laisse presager du pire...

Photo de groupe, Philip, Heiley et Carmen:



Des le debut, Carmen, visiblement peu entrainee a l'effort physique, est a la traine avec notre guide. Le lendemain, nous passons un col a 4200 metres et enchainons presque 5 heures de montee sous la pluie sur des marches de pierre particulierement hautes pour mes courtes jambes...

Les capes de pluies a l'assaut de la montee au "Dead Women's Pass":



Notre equipe de cuisiniers, sous la tente:



Carmen etant a plus de 2 heures derriere nous, Philip commence a perdre patience: "What the fuck is she doing here if she can't walk?" Heiley et moi essayons de temperer en repondant que tout le monde a le droit de faire le Chemin de l'Inca a son rythme, mais un peu d'entrainement n'aurait pas fait de mal...
La tension monte au fil des jours, Carmen accumule les bourdes, on l'attend le matin pour partir, etc, et Philip n'en finit plus de s'enerver. Super ambiance!

En chemin:




Retrouvailles sur le chemin avec Marc, le Neo Zelandais de Uyuni en Bolivie!


La veille de notre arrivee prevue au Macchu Pichu, immense deception a notre arrivee au camp ou nous apprenons que nous ne pourrons pas descendre a pied par le Chemin a cause d'un glissement de terrain qui rend le chemin impraticable et dangereux. La seule solution est donc de se lever le lendemain a 3 heures du matin et descendre au village de Aguas Calientes pour prendre un bus et visiter le Macchu Pichu, pas de chance...
Nous sommes tous decus et epuises le lendemain lorsqu'il faut descendre le chemin abrupt de nuit, a la lueur de nos "frontales". Avant l'arrivee a Aguas Calientes, c' est le "clash" general, tout le monde pete les plombs et engeule tout le monde. Notre guide, jeune et bien incapable de remettre de l'ordre, est depite.
Finalement, une fois arrives au Macchu Pichu et l'abces etant creve, les relations se rechauffent... Devant un spectacle, il est difficile de faire autrement!

Ambiance mystique a notre arrivee au petit matin, sous la brume et la pluie, qui cedent peu a peu place au soleil... Le site change d'aspect a chaque minute, les photos traduisent difficilement l'instant du moment et l'intensite du spectable.




J'ai donc survecu a "l'Inca Trail", comme on dit ici! Mais ai attrape un mechant rhume qui me prive de ma voix pour les prochains jours...

Monday, March 27, 2006

Lac Titicaca

Après un séjour bien agréable à Sucre en Bolivie, je suis finalement arrivée saine et sauve à La Paz, après avoir échappé aux blocus de la route... Ouf!
Je suis également passée à travers les innombrables problèmes de vols dont on m´a tellement rebattu les oreilles. Saine et sauve, presque car j´ai quand même été à 2 pas de l´explosion d´une bombe dans un hôtel à touriste dans le centre ville de La Paz. J´étais tranquillement en train de dîner avec une Francaise rencontrée dans la guesthouse où je restais, lorsqu´une détonation a fait trembler les murs du restaurant... Pendant quelques secondes, un silence pesant s´est abattu dans la salle, nous nous sommes tous regardés, n´osant pas imaginer le pire. En sortant, nous apprenons que 2 bombes ont explosées dans 2 hôtels à touristes, faisant 2 morts et quelques blessés graves. Comme quoi, la vie tient parfois à peu de choses, mais ca je le sais déjà...

Sinon, j´ai adoré la région du lac Titicaca, du côté bolivien qui reste préservé et authentique. Isla Del Sol (île du soleil) est un havre de paix après le tumulte de La Paz, les gens y sont plus décontractés, et les ballades sur l´île valent vraiment le détour. Sauf que pour la première fois, je fais vraiment de l´exercice en altitude et c´est pas évident du tout! Je suis prise de nausées et suis un peu obligée d´écourter ma rando...

Je renonce toujours a poster les photos à cause des connexions internet les pires rencontrées depuis le début de mon voyage... Même en Chine, c´était meilleur!
Je suis arrivée au Pérou et après un bref passage par Puno sur le lac Titicaca (côté péruvien), trop touristique à mon goût, j´ai filé vers Cusco où je commence bientôt le Trek du chemin de l´Inca. Seulement, c´est la saison des pluies, donc on verra comment cela se passe...

Saturday, March 18, 2006

Oui, c´est la Bolivie....

Potosi, 4100 mètres d´altitude: la ville la plus importante d´Amérique latine au 17eme siecle, la capitale de l´argent pour l´empire espagnol. Les mines d argent du Cerro Rico, la colline qui surplombe la ville, ont fait la puissance et la richesse de Potosi. Aujourd hui, les mines sont presque epuisées et on ne trouve que de faibles quantités de zinc.

Je suis toujours avec Vilma, avec qui je découvre le charme de cette ville à l'architecture coloniale. Cependant, la visite des mines est terriblement déprimante et nous ouvrent les yeux sur les conditions effroyables dans lesquelles travaillent aujourd´hui encore les mineurs, qui se sont organiés en coopérative. Les conditions ont à peine changé depuis l´époque coloniale et des jeunes meurent tous les jours à cause des conditions de sécurite catastrophiques. Certains commencent à travailler dès l'âge de 14 ans...
Nous sommes toutes les deux accompagnées par un guide, une jeune femme qui connait tous les mineurs personnellement et fait visiter ces mines aux touristes depuis 5 ans. Le prix que nous payons constitue une source non negligeable de revenus pour les mineurs.
Courbées en deux, respirant à peine tant l'air à l'interieur est vicié, nous cheminons à travers les étroits boyaux de la mine et ressentons un vrai malaise à la vue de ces jeunes gens déjà usés et qui paraissent le double de leur âge, le visage couvert de sueur et les yeux accablés de fatigue. Nous ne nous éternisons pas, le spectacle est effrayant. Notre guide nous explique que ces mines ne sont plus vraiment rentables, mais que faire dans la mesure où ces gens ont besoin de travailler et qu'il faudra du temps pour développer de nouvelles activités, sources d emploi?

Vilma devait prendre un bus pour La Paz le lendemain de notre arrivee, mais nous sommes en Bolivie, nous dit-on... et rien n´est sûr!! 2 heures avant le départ du bus, on nous apprend qu'en raison de manifestations des professeurs de collège, la route Potosi - La Paz est bloquée depuis 3 jours et Dieu sait pour combien de temps!! Rien ne passe...
J'ai croise des Francais à l'hôtel qui ont été obligés d'abandonner leur 4X4 d'un côté du barrage, traverser la manifestation à pied et ensuite continuer en taxi jusqu'à Potosi, cela après de longues heures d'attente dans la voiture. Bienvenue en Bolivie! il paraît que cela est très fréquent...

Seule solution donc pour elle: aller a Sucre en bus (seule route non bloquée) et prendre l avion pour la Paz.
Cela dit, Sucre, capitale de la Bolivie et classée au patrimoine mondial de l'Unesco, nous reserve une bien belle surprise. Nous sommes absolument éblouies par la splendeur de la ville.
L'altitude plus raisonnable (seulement 2700m) tout d abord est un soulagement! Il fait chaud, nous voyons enfin des arbres, des fleurs, des palmiers et surtout la blancheur immaculée des bâtiments coloniaux donne un caractère unique à cette ville, entourée de belles collines. Sucre est une cité propre et riche, les 4X4 flambants neufs et les voitures importées ne sont pas rares ici, c'est un choc après quelques temps dans le désert bolivien et des villes comme Uyuni, où il n'y a absolument rien...

Nous descendons dans un hôtel où nous avons la divine surprise de nous retrouver dans une vieille demeure coloniale magnifiquement restaurée: Hostal El Merced. Nous apprécions à juste mesure la chambre très confortable après les sommiers en carton de la semaine dernière!
Vilma partie hier en avion pour La Paz, je m´apprête demain à prendre un bus de nuit pour La Paz, en croisant les doigts pour que tout se passe sans encombres... On m´a garanti que les manifestations étaient terminées...
Les connections internet en Bolivie étant catastrophiques de lenteur, je renonce à poster plus de photos sur le blog... Dommage!

Tuesday, March 14, 2006

Salar de Uyuni, Bolivie

Gros changement de décor à mon arrivée en Bolivie. J´ai traversé la frontière avec l´Argentine à La Quiaca et un pont separe deux mondes aux réalités bien différentes! D´un côté, des restaurants aux menus variés, des cyber cafés partout et de l´autre de pauvres échoppes qui vous offrent au mieux un poulet frites...
Je reprends les vieilles habitudes de la Chine: papier toilette, bouteille d´eau minérale et savon dans le sac en permanence. Je comprends aussi assez rapidement que les vols et "faux policiers" à la recherche de passeports étrangers sont monnaie courante. On me conseille de ne prendre que les taxis officiels et de verrouiller les portes, surtout la nuit. Moi qui me suis jusqu´ici toujours sentie en sécurité partout, surtout en Asie, je dois changer mes habitudes ! Pas de stress cependant, juste un peu plus de vigilence.

Je commence mon périple par le magnifique salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde, qui s´étend sur 12000 km2 a 3600 mètres d´altitude.
Je rencontre Vilma, une journaliste lituanienne en voyage pour une année autour du monde. Nous partons ensemble pour un tour de 4 jours dans le salar et le parc national à la frontiere chilienne, avec un Australien et un Néo Zelandais. Notre guide, Lucio, est un personnage! Il maîtrise parfaitement l´anglais, connaît très bien l´histoire de son pays et semble réellement passionné par son metier. Il déborde d´énergie, parle beaucoup, plaisante. Cependant à la fin de la première journée, son enthousiasme devient de plus en plus pesant et nous ne tardons pas a nous apercevoir que la bouteille de coca qu´il sirote est remplie de whisky! Cela me rappelle quelques souvenirs de Mongolie...

Nous traversons des paysages lunaires, absolument incroyables. Le salar est en partie inondé, et par endroits, on ne distingue plus la terre du ciel, les nuages et les volcans se reflétant dans l´eau... L´immensité blanche et aveuglante s´étend à perte de vue, surréaliste!




Les conditions du voyage sont spartiates. Pas de douches bien sûr, mais surtout nous souffrons tous les 4 du froid pendant la nuit et de l´altitude, nous passons les 5000 metres! Nous avons même droit à une tempete de neige en chemin, quelle étrangeté en plein désert! Comme en Chine, j´ai de serieux problèmes de sommeil et notre camarade australien se retrouve malade et prostré à l´arriere du 4X4 pendant toute la dernière journée de voyage.
Nous dormons sur des lits en fer, pourvus de sommiers en carton... mais le voyage en vaut la peine.
La province du sud Lipez, en direction de la frontière chilienne compte certainement parmi les plus beaux sites au monde. Nous traversons des paysages désertiques, entourés de volcans, parsemés de geysers, de roches aux formes les plus incongrues, de lacs aux couleurs improbables, du rouge vif au bleu turquoise, du gris au vert, où vivent des colonies de flamands roses... Le décor rappelle parfois de maniere troublante les tableaux surréalistes de Salvador Dali, je n´aurai jamais imaginé qu´un endroit pareil puisse exister sur Terre.

Sur les bords du "Laguna Colorado"...




Le "Laguna Verde"



Les geysers



La tempête qui arrive, en plein désert...


Monday, March 06, 2006

La Quebrada de Humahuaca

Je remonte a present vers le nord de l´Argentine en direction de la Bolivie en passant par Tucuman, Salta et la Quebrada de Humahuaca. Il s´agit d´une magnifique vallee qui fut jadis une grande voie commerciale entre l´altiplano peruvien et bolivien et l´Argentine, ou l´on retrouve des ruines Incas et une riche architecture coloniale dans les villes de Tucuman et Salta.
C´est a Tucuman que fut declaree l´independance de l´Argentine en 1816. La region a l´epoque coloniale etait strategiquement situee sur la route de Lima ou tous les echanges commerciaux devaient transiter a cause de la centralisation de l´autorite espagnole. Ce n´est qu´au cours du 19eme siecle que Buenos Aires s´affirme comme capitale federale et economique du pays.

Aujourd´hui cette route est devenue une route classique pour les touristes comme moi en direction de la Bolivie et du Perou, a travers des paysages spendides et irreels... Les montagnes sont multicolores, semblables a une palette de peintre, passant des rouges, aux verts, violets, ocres, jaunes...
Encore une fois les photos parlent d´elles memes et les mots sont bien peu pour decrire l´intensite des emotions ressenties devant une telle splendeur.




Dans les villages de Tilcara et de Humahuaca ou je pose mes valises quelques jours, je rencontre des tas d´Argentins de Buenos Aires en vacances dans la region. La encore, pas le choix, je me mets tant bien que mal a l´espagnol meme si c´est dur de tenir une conversation. La patience des gens m´encourage et ca finit par rentrer. C´est la difference avec la Chine, ici au moins je peux communiquer avec les locaux et ca change tout. J´apprends un tas de choses sur la culture, la musique, etc... Bref, je m´eclate.
Je ne pouvais pas mieux tomber. C´est la periode du carnaval et la fete bat son plein dans les rues des villages de la vallee a toute heure de la journee. Les villageois dansent, defilent dans les rues dans une ambiance bon enfant. Tout le monde participe, maquille, deguise... C´est superbe!

Thursday, March 02, 2006

Sur la route des Andes

J'entame a present une nouvelle etape de mon voyage en Amerique du sud: la route des Andes.
Je m'arrete brievement a Mendoza, de l'autre cote de la cordillere en venant de Santiago du Chili, pour faire le tour des vignobles de la region. Le Malbec est originaire de cette region et je suis toujours aussi enchantee par la qualite du vin argentin.

Je prends un bus pour San Agostin del Valle Fertil. Sur la route, les plaines cedent la place a un paysage de plus en plus aride. Nous traversons des villages minuscules, prenons des gens en route et je n'ai deja plus l'impression d'etre en Argentine. Les maisons en torchis, les enfants qui viennent recuperer leur famille au bus avec une charrue et une mule, les gens qui s'entassent debout dans le bus, me rappellent etrangement l'Asie... Le bus qui transite 3 fois par jour entre San Juan et San Agostin transporte aussi bien les locaux pour quelques minutes que pour 3 ou 4 heures mais aussi le courrier et les colis, un vrai lien social!
Apres un epuisant trajet en bus de plus de 6 heures a travers des espaces desertiques et accablee de chaleur, j'atteinds enfin San Agostin. J'ai l'impression d'etre arrivee en plein Far West: une ville endormie sous la chaleur, quelques epiceries, quelques restaurants mais pour la plupart vides, pas un touriste en vue ni un hotel... Gros changement apres les villes touristiques du sud et meme de Mendoza! Je rencontre Sylviane, une Strasbourgeoise, avec qui je me retrouve dans la meme auberge de jeunesse, dont nous sommes d'ailleurs les seules hotes a l'exception d'un jeune Argentin.

Nous partons des le lendemain pour La Vallee de la lune et le parc Talampaya. Ces deux sites ont recemment ete inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, et une fois sur place, on comprend pourquoi. J'ai eu l'occasion de voir un certain nombre de sites classes au patrimoine mondial de l'humanite jusqu'a present, mais j'ai ete tres impressionnee par l'etrange beaute de ces paysages.
La Valle de la lune est traversee par une riviere aujourd´hui a sec, mais au fil des millenaires se sont formees des sculptures naturelles dans la pierre rouge friable, la glaise monochrome, et les cendres volcaniques, d'ou l'incroyable richesse des couleurs. La flore desertique, la presence de buissons et de hauts cactus ajoutent encore a l'etrangete du lieu...
La region regorge egalement de tresors archeologiques, des restes de dinosaure ont ete retrouves dans les annees 90. Le temps et l'erosion due aux eaux de ruissellement ont mis au jour de nombreux fossiles, dont certains sont vieux de 180 millions d'annees.




En arrivant ensuite a Talampaya, j'ai l'impression de traverser un temple ou une cathedrale devant les grandes colonnes sculptees dans le canyon de gres rouge... Quelques condors survolent le canyon et leur ombre vient se refleter sur les parois, le tout dans un silence effrayant. Je suis sur une autre planete. Soudain, je crois voir surgir une forme humaine au loin, qui ressemble a un moine, une autre qui ressemble a un aigle ou a un chameau, non ce ne sont pas des mirages...




Bref, des instants magiques et si envoutants que l'on voudrait pouvoir arreter le temps... Il faut quand meme dire que j'ai eu la chance de visiter le parc dans des conditions optimales car nous ne sommes qu'un petit groupe de 10 personnes. Pas d'autres touristes aux alentours car l'acces au site est tres reglemente et un guide est necessaire.