Monday, September 26, 2005

Trekking - Karakul, Muztagh Ata

Au cours de notre sejour a Kashgar, nous avons organise un trek de trois jours pres du lac Karakul, sur la route du Pakistan (le debut de la mythique Karakorum Highway).

La route qui nous conduit au lac est une des plus belles routes que j'ai jamais vues... Nous traversons d'abord des montagnes rougeoyantes, puis les couleurs prennent des tons ocres, plus subtiles. Nous apercevons les premiers hauts sommets enneiges qui culminent a plus de 7000m d'altitude, soudain surgissent des dunes gigantesques, le desert qui rencontre la montagne... GRANDIOSE!



Nous arrivons au Lac Karakul, perche a quelques 3500m d'altitude, entoure de sommets enneiges impressionants.
Nous etablissons notre camp, non loin de la, dans un village Kirghiz. Nous devons nous acclimater progressivement a l'altitude pour l'ascension du Muztagh Ata (7500m) le lendemain. Nous nous contenterons bien sur du camp de base situe a 4500m. Je suis un peu angoissee car c'est ma premiere experience a une telle altitude.
Notre rencontre avec un Allemand qui redescend du camp de base, en piteux etat, n'est pas pour nous rassurer... Le pauvre a ete malade toute la nuit a cause de l'altitude (nausees, vertiges).
Quelques photos du village voisin de notre camp:




Le Muztagh Ata :


Le lendemain matin, nous partons avec un porteur et une mule pour le camp de base.




Lesley et moi supportons bien l'altitude mais Andrea montre quelques symptomes inquietants. Nous atteignons le camp vers 15h, et les choses serieuses commencent...
Notre porteur s'empresse de repartir dans la vallee, nous laissant planter notre tente. Andrea est indisposee mais la situation est encore sous controle.
Nous forcons avec Lesley l'entree de la cabane en tole, qui sert de camp de base, pour nous mettre a l'abri du froid glacial et preparer a manger. Probleme numero 1: faire du feu a 4500m d'altitude n'est pas chose aisee! Nous nous debattons avec un fourneau qui est a moitie casse et reussissons a faire chauffer un peu d'eau au moins utilisable pour nous laver les mains.
Le camping gaz (fourni par l'agence de Kashgar) ne fonctionne qu'a moitie, finalement nous parvenons a faire bouillir un peu d'eau pour le the et les incontournables "instant noodles" (qui me paraissent a ce moment un veritable festin!).



A peine le soleil disparu derriere les montagnes, le froid devient vite insupportable et nous trouvons refuge sous la tente dans les epais sacs de couchage. Andrea devient alors TRES malade, prise de vomissements et frissons incontrolables. Nous sommes tres inquietes, ne sachant que faire, sans personne pour nous aider. Finalement, l'etat d'Andrea se stabilise et nous reussissons a passer la nuit.
Au reveil, tout est gele, nous attendons avec impatience l'apparition des premiers rayons du soleil pour nous rechauffer!
Je prends mon courage a deux mains et part a l'assaut du glacier situe 500 metres plus haut. Je ne le regrette pas: la vue est tout simplement sublime!



Notre porteur arrive avec une heure d'avance, nous nous pressons de tout emballer. Il prend les devants avec nos vetements chauds et reserves d'eau... Nous ne le reverrons plus avant l'arrivee! Pas tres responsable notre porteur... Surtout que nous finissons notre marche sous -2 degres, un vent glacial charge de flocons de neige, le tout sans nos vetements chauds!
A l'arrivee, nous sommes transies de froid, les doigts a moitie geles. J'entre dans une colere noire (ceux qui me connaissent peuvent imaginer mon etat), et aurais etripe le porteur si mes deux camarades ne m'avaient pas retenue...

Pour la pauvre Andrea, le trek aura ete une experience plutot douloureuse, pour Lesley et moi une experience inoubliable et formatrice (a present je suis rodee aux situations stressantes et survie en haute montagne!). Une fois encore, l'agence de Kashgar (John's cafe) ne nous avait pas donne tous les details et John a notamment omis de nous dire que nous serions seules pendant la nuit passee au camp de base... Le camping gaz qui ne fonctionnait pas, les reserves d'eau potable largement insuffisante, le porteur qui file comme un lapin et ne nous attends jamais...
En depit de toutes ces difficultes, je suis heureuse d'avoir effectue ce trek, qui restera une experience inoubliable...

Saturday, September 17, 2005

Kashgar

Nous voici enfin a Kashgar, a l'extreme ouest de la Chine, une ville mythique dont je reve depuis si longtemps. Au debut de mon periple, je ne pensais jamais atteindre cette ville si reculee...
Le trajet de 24 heures en train depuis Urumqi est impressionant: une longue traversee dans le desert, jamais je n'aurais imagine qu'une si grande superficie de la Chine fut aussi desertique.
Les paysages sont varies: on apercoit de temps a autre de petites oasis de verdure, des montagnes impressionnantes aux reflets mauves, bleutes ou dores... (ci dessous une photo prise du train)



Nous avons elu domicile pour plusieurs jours au Chinibagh hotel, l'ancien batiment du consulat britannique. L'ambiance nous plait et nous avons besoin d'un peu de repos avec quelques semaines extenuantes a changer d'endroit tous les 2 ou 3 jours.

Quelques apres midis passees a flaner dans Kashgar, un veritable bonheur... Je n'ai pas de mots pour decrire l'atmosphere qui regne dans cette ville. Les gens sont chaleureux, expressifs, souriants. Nous commencons notre promenade vers 15 heures, il fait encore tres chaud, c'est encore l'heure de la sieste pour certains.





Nous nous arretons dans differents magasins pour regarder les bijoux, deguster le fameux pain local (un veritable delice!), acheter des pistaches, des raisins secs, des figues, etc...
Voici quelques photos des specialites culinaires locales :




Ci dessous des photos du "Sunday Market", plein de vie, des femmes qui s'activent autour de tissus, des encheres autour du betail, le sourire sur le visage de ceux qui viennent de conclure une affaire...



Deja, depuis Turpan, j'avais l'impression de ne plus etre en Chine mais ici c'est encore plus flagrant. Deux mondes separent la partie moderne et chinoise (Han, l'ethnie dominante) de Kashgar et les anciens quartiers a l'architecture arabe, habites par les Uyghurs. Les populations Han et Uyghur ont chacune leur langue, leur nourriture, leurs codes, leurs religions, leurs versions de l'histoire...
Dans la vieille ville, l'islam est tres present, les prieres rassemblent de nombreux locaux, la plupart des femmes sont voilees. Malgre la chaleur, certaines ont meme la tete entierement couverte d'un epais foulard marron.

On ressent ici, plus qu'ailleurs, les tensions entre les Han Chinois et les Uyghurs. La region du Xinjiang, riche en minerais et petrole, est l'objet des convoitises du gouvernement central qui soutient l'installation en masse de l'ethnie dominante Han, ce qui marginalise de plus en plus la culture Uyghur. La place centrale de Kashgar est eloquante: une immense statue de Mao trone au centre, cernee par d'immenses avenues, qui rappellent etrangement Tiananmen a Pekin...
De modernes centres commerciaux ont envahi le centre ville, les anciens remparts sont laisses a l'abandon, la vieille ville est en passe de devenir une attraction pour touristes.
Ces changements sont etroitement pilotes et controles par le gouvernement central, soutenu par une forte repression policiere. Sous couvert de lutte anti islamiste, la Chine se livre a une repression feroce dans la region et utilise le pretexte de l'existence d'activistes lies a Al Qaida pour reprimer toute velleite nationaliste Uyghur.
Nous avons ete temoins de cette repression au cours d'une de nos balades dans la vieille ville. Nous nous sommes arretes pres d'un groupe de musiciens et nous nous sommes mises a danser avec eux (c'est devenu une habitude avec Andrea la bresilienne!), provoquant un attroupement autour de nous. En moins de cinq minutes, deux policiers surgissent et dispersent les curieux autour de nous et des musiciens. L'ambiance est brisee, le visage des gens se ferment et tout le monde se presse de quitter les lieux. Quelques photos ci dessous:

Kanas Lake

Kanas Lake est situe au carrefour entre la Chine, Mongolie, Kazakhstan et Russie. Un endroit difficile d'acces, 12 heures de bus pour arriver a une ville etape et ensuite encore 4 heures pour atteindre le parc national.
Cette fois, nous avons trouve une parade contre l'interminable trajet... Dans tous les bus chinois, nous avons droit au karaoke et VCD en boucle, nous avons donc transforme le bus en piste de danse!! Les Chinois etaient ravis et nous avons enchaine avec quelques parties de cartes....



Quelques photos de ce superbe lac d'un bleu improbable et sublime par les premieres couleurs de l'automne:



Notre unique deception: l'agence de voyage (Overseas Chinese Travel agency en face du Bogda Hotel) que l'on deconseille fortement, contrairement a ce qui est ecrit dans le Lonely Planet. Apres nous avoir montre des photos plutot attrayantes de petits chalets au bord du lac, nous nous retrouvons dans un veritable taudis, une espece de cage a poules de 6 m2 avec 3 lits, aucune place pour poser un sac au sol, pas de fenetres, de la boue partout sur le plancher...
Nous partons a la recherche d'un autre toit, yurts ou guesthouses mais malheureusement tout est complet... On se retrouve en desespoir de cause dans une ferme qui fait office de guesthouse. Je n'ai pas encore mentionne le plus terrible de mon experience chinoise, mais la c'est au dela du supportable: les toilettes!
Pas besoin de demander ou cela se trouve, on se repere a l'odeur. Une cabane en bois avec un simple trou creuse au milieu fait office de toilette, au milieu des cochons, vaches, chevaux, chameaux, etc... En pleine nuit par zero degre, l'expedition releve de l'exploit.
Jamais je n'aurais imagine une telle torture a l'idee d'aller aux toilettes aux arrets de bus, a vous degouter de boire le moindre liquide en cours de voyage. La plupart du temps, les toilettes sur le bord des routes n'ont pas de portes, ce sont bien sur des toilettes turques partout et il est assez difficile de faire abstraction des 20 personnes qui vous regardent en attendant que vous ayez termine! Apres la Mongolie, je pensais avoir vu le pire, mais mon calvaire n'est pas arrive a son terme...

Tuesday, September 13, 2005

Urumqi, Turpan (Xinjiang)

De Dunhuang, nous avons pris un train pour Urumqi, capitale du Xinjiang, province autonome de la Chine, situee a l'extreme nord ouest.
C'est vraiment un endroit interessant et nous ressentons tout de suite une grande difference a notre arrivee. Les inscriptions sont traduites en arabe, on apercoit des mosquees un peu partout, les gens rappellent beaucoup plus l'Asie centrale que la Chine.. On se croirait dans un autre pays... La principale minorite musulmanne de la region: les Uyghurs. Le Xinjiang a toujours ete une zone de passage (le commerce de la soie, des epices) et est donc riche de multiples influences (indo europeennes, arabes, bouddhistes).

A la chute de l'empire chinois en 1911, le Xinjiang est devenu independant jusqu'en 1949 ou les communistes ont repris le controle de la region en lui accordant le statut de region "autonome". Depuis, de nombreux "Han" Chinois sont venus peupler la region, fortement encourages par Pekin, creant de fortes tensions avec les minorites, ce qui est est sensible aujourd'hui. Par exemple, les etrangers ne sont pas autorises a cotoyer de trop pres les Uyghurs, le logement chez l'habitant est interdit...

A Urumqi, nous avons fait la rencontre d'un groupe de Chinois dans un parc, qui dansaient, et nous ont immediatement invites a les rejoindre, un grand moment de communication au dela des mots: le langage universel de la danse et de la musique!




Turpan est une autre ville strategique de la route de la soie, situee a 2 heures de Urumqi. Situee en dessous du niveau de la mer, en plein desert, la temperature peut atteindre facilement les 50 degres en plein ete! A notre passage, il ne faisait que 45 degres mais nous avons quand meme bien souffert de cette chaleur torride...



Apres 18 heures, nous prenons nos velos pour se balader dans les ruelles de Turpan, la mosquee de style Afghan est magnifique dans la lumiere du coucher de soleil et est entouree de vignes. On deguste ici les meilleurs raisins de Chine.



Ci dessous degustation de vin et biere... (NB: les lunettes ont ete achetees a Xiahe, specialite locale!)

A dos de chameau

Dans le train entre Lanzhou et Dunhuang, nous avons rencontre Lesley, une Americaine qui termine un sejour de 2 ans en Chine, ou elle enseignait l'anglais. Nous avons partage un taxi et finalement nous ne nous sommes plus quittees! A peu pres du meme age, nous nous entendons a merveille.



Dunhuang est une charmante ville-oasis en plein desert, situee a un endroit strategique sur la route de la soie, jadis empruntee par les caravanes. Non loin de la, les grottes de Mogao, qui abritent de somptueuses peintures bouddhistes. Le bouddhisme a ete importe en Chine via les caravanes venues d'Inde et Mogao est un site tres important, figurant sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Malheureusement, mes attentes sur le site ont ete quelque peu decues. Seules quelques grottes sont ouvertes au public et ne sont accessibles qu'avec un guide. Nous avons du attendre pres d'une heure pour avoir un guide anglophone et patiente pour rassembler un groupe suffisamment important pour la visite. Frustrant vu le prix de l'entree! C'est le probleme de la Chine, tout est reglemente, controle... Mon experience a Datong etait bien plus enrichissante car j'ai pu passer le temps que je voulais, la ou j'en avais envie.

Le point d'orgue du sejour a Dunhuang: l'expedition a dos de chameau avec Mr Li!!! Un MUST pour tous ceux qui passent par cette ville!



La ville est entouree de superbes dunes de sable et nous avons passe une nuit dans le desert.
Parties en fin d'apres midi sur nos chameaux, bivouac dans les dunes et retour le lendemain matin....
Mr Li est un personnage attachant, qui adore chanter en marchant et nous nous amusons beaucoup avec lui! Cette nuit passee en plein desert est un veritable enchantement, un instant magique, des etoiles filantes plein le ciel et un lever de soleil splendide.



Thursday, September 01, 2005

Xiahe et les voyages en bus....

Un endroit que nous avons adore! Enfin, loin des villes, du bruit et de la pollution, des gens adorables, une ambiance mystique, des paysages montagneux superbes et des temples tibetains de toute beaute....

Xiahe est a 6 heures de bus de Lanzhou, la capitale du Gansu, qui ne presente pas vraiment d'interet, juste une grande ville comme beaucoup d'autres. Xiahe est un village peuple a 40% de Tibetains, et abrite le plus grand monastere Tibetain hors du territoire tibetain.
A 3000 metres d'altitude, on ressent vite la fraicheur du soir et un peu d'essouflement a chaque effort physique. Nous passons une journee entiere a flaner dans la petite ville, empruntant le chemin des pelerins, parseme de "prayer wheels" (desolee, je ne suis pas certaine de la traduction en francais), qu'il faut faire tourner une a une sur son passage.
Xiahe est compose de plusieurs temples et pagodes, le site est assez desert et silencieux. Il y regne une atmosphere apaisante, c'est un vrai bonheur que de parcourir ces allees ou nous apercevons juste quelques silhouettes de moines en robe rouge... Pas un touriste en vue lors de notre passage, on ose a peine parler. A l'interieur des temples, des fresques magnifiques, une odeur particuliere (celle du beurre de yak utilise pour les bougies).

Le retour de Xiahe a Lanzhou a ete nettement moins facile... Premiere mauvaise experience dans les bus chinois! Apres avoir rate le premier bus direct de 6.30 le matin, nous nous sommes retrouvees dans un bus en partance pour Linxia, une ville situee a mi chemin... Le bus est vraiment tres pourri et de nombreux passagers commencent evidemment a fumer. A l'arriere les secousses sont intolerables, on fait des bonds de 30 cm a chaque minute... La route est en plein travaux, et on ne peut plus vraiment parler de route....
Au bout de 2 heures de trajet, un passager juste devant moi se met a vomir, en partie sur les personnes devant et notamment les cheveux d'Andrea, assise juste devant. C'est probablement la situation la plus atroce dans un bus! A peine quelques lingettes pour nettoyer, les autres passagers ne semblent pas s'offusquer, se deplacent un peu, personne ne nettoie, l'odeur devient insupportable.
Je commence a avoir la nausee, je prends sur moi, mais toujours plus de passagers grimpent dans le bus, ou bien sur il n'y a plus de places assises. Une autre personne est malade, n'y tenant plus, on sort du bus, completement ecoeurees...
On finira le trajet en taxi jusqu'a Lanzhou. Je dois avouer que j'apprehende completement la suite des voyages en bus a present. J'envisage serieusement de voyager avec une cape de pluie et un bonnet de bain!!!